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FONTAINES D.C - A hero's death LP
[LP Vinyle]

FONTAINES D.C - A hero\'s death LP
"Avec “Dogrel”, les Dublinois de Fontaines DC, de jeunes poètes rouges citant Walt Whitman et vomissant Google, Apple et autres, accusés de transformer l’Irlande en nouvelle Babylone de la Tech, avaient provoqué de légitimes suées dans la presse musicale. Si leur premier album, sorti seulement l’an dernier, avait parfois la référence un peu voyante (The Smiths sur “Television Scanners”, The Cure sur “The Lotts”), l’ensemble sonnait si maîtrisé (formidables “Big” et “Sha Sha Sha”) qu’il fallait avoir le naturel blasé pour y trouver à renâcler. Annoncé depuis l’année dernière, “A Hero’s Death” s’affichait surprenamment inspiré par les Beach Boys — période “‘Til I Die” plutôt que “Barbara Ann”, cela va sans dire. N’outrons pas le propos : sombre, l’album est loin de tourner au Portrait De L’Artiste En Jeune Dépressif. Le mérite premier en revient au frontman Grian Chatten, qui scande ses mantras blafards (“Life ain’t always empty”, inlassablement répété sur “A Hero’s Death”) avec une conviction trop flippante pour ennuyer. Le songwriting est là, indéniablement, et c’est bien le moins. Rien qui ne fasse rimailleur à compte d’auteur, mais une écriture rock concise, rehaussée par le chant d’un Chatten moins limité qu’on ne l’a dit, qui arpente, en tout cas, ses possibilités dans les moindres recoins, sifflant et persiflant, sachant faire rebondir la syllabe, moitié prophète agressif, moitié crooner engourdi. Les ballades achèvent de convaincre que les Fontaines DC valent mieux qu’un coup d’épée dans l’eau, que ce soit “You Said”, “Oh Such A Spring”, sorte de “Perfect Day” à l’imparfait, ou la néofifties “Sunny”. Obstinément s’installe à l’écoute le sentiment qu’on tient peut-être là les meneurs de toute la meute du revival post-punk britannique actuel. Alors, trésor national, Fontaines DC ? “A Hero’s Death”, ça n’est pas un détail, a été enregistré à Los Angeles, et le groupe a passé ces derniers mois plus de temps en tournée, de Mexico à Austin, qu’à la maison. Si on ne trouve rien, ici, d’aussi anthémique que le définitif “Dublin in the rain is mine/ A pregnant city with a catholic mind” qui ouvrait “Big”, et si des entretiens récents traduisent une volonté de tenir à distance respectable leur irlandicité (Chatten : “Je ne me sens pas la vocation d’un porte-parole de l’Irlande”), reste que celle-ci n’est pas absente du nouvel album : la pochette est une photographie de la statue de la mort de Cúchulainn, héros de la mythologie celtique, se trouvant dans le hall de la Poste centrale de Dublin, foyer des Pâques sanglantes de 1916, insurrection des nationalistes irlandais brutalement réprimée par les forces britanniques. Loin d’une déclaration d’hostilité anti-anglaise, il faut plutôt y voir un symbole ironique selon Chatten : “Cúchulainn s’est attaché à un arbre parce qu’il voulait mourir debout. Le titre de l’album fait référence à une phrase du roman ‘The Hostage’, dans lequel un personnage dit : ‘Vous guettez tous la mort du héros’. C’était une façon de répondre aux attentes à notre sujet.” Manière aussi, peut-être, de tourner en dérision le goût du martyr de la culture rock, comme en atteste plus qu’aucun autre le culte accroché au suicide de Ian Curtis, auquel Chatten est régulièrement comparé. Le poète irlandais Yeats voyait dans les événements de 1916 la naissance d’une “terrible beauté” : gardons le mot pour en faire l’épitaphe de ce “A Hero’s Death”." Vianney G. Rock & Folk - Album du mois Partisan / PIAS - 2020
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